13 mai 2008
Le chêne de 500 ans
Voici une autre interprétation de l'architecture qui dure, d'un âge comparable à celui d'une cathédrale, mais nourrie de la terre de Brocéliande.
Piliers de cathédrale
Comment construire solide (pour l'éternité humaine ?) tout en restant élégant. Je suis toujours pensif devant ce genre de beauté à l'austérité estompée par le travail des lignes.
27 avril 2008
Nagasaki
Sur un collage de Santa appelé "explosion atomique 1", voici un petit texte...
L’éclair aveuglant et la pâleur de la chair
Sur la blancheur d’un sein, une flétrissure
La peau se tend, se tord et se craquèle
C’est un boursoufflement de cloques vitreuses
La chaleur est intense, le souffle est brûlant
Geisha de marbre, statue impassible et hiératique
Tes cheveux sont bruns d’être consumés,
Devenus ceux d’une poupée d’horreur
Les survivants se tordront de douleur
Place à l’atrocité barbare
La Beauté n’a plus cours ici bas.
22 avril 2008
Sac à terre, Pierre Osenat s'en est allé..
Extrait de Sac à Terre paru dans la dernière édition, Tome XIV, du recueil des Poètes du Dimanche, un poème poignant en forme d'adieu lucide. Un grand poète, amoureux de la mer n'écrira plus, ses livres sont pour la plupart épuisés...
Le terme du voyage à quelques encablures
Le moment est venu de carguer la voilure.
Il se fait tard, mon temps prend de la gîte,
Filer mon bout ; au revoir bruit de la mer.
Saint-Anne-de-la-Palud, après l'eau salée l'eau bénite.
La croisière a pris fin, le Cap-Vert n'a plus cours ;
Je n'irai plus sur les amers,
Je ne connaîtrai plus la fièvre du long-cours
Mon nom rayer du rôle me voici sac à terre,
Sans sextant, sans repère
Malgré tant de vaisseaux amenés à bon port
Et l'orgueil d'être fort, galons de laine et d'or...
Je tiens ferme la barre vers le havre de Dieu,
A la vergue des mâts la risée de l'adieu.
Je vois ma propre vie et j'en fais l'inventaire,
La " vierge des marins " en sait l'itinéraire.
Cette vie qui s'éteint et revit dans les bars,
Cette vie partagée avec les équipages
Dont tous les mâts debout connaissent le visage
Cette vie suspendue aux fortunes de mer
Aux tôles et rivets, nœuds des coques de fer...
Ma vie a traversé les orages fantasques,
Les moussons, les grains blancs et les crocs des brisants,
Les tempêtes, les bris, les typhons, les bourrasques,
Et l'étale assagie au retour du jusant...
L'horloge de ma vie m'a mis en carénage
Et dans mon boujaron le rhum de la retraite ;
Si l'Ankou frappe à ma porte,
Dans ma vareuse la croix du Christ est prête,
Me réconforte,
Les panneaux sont ouverts pour moi vers l'autre monde.
13 avril 2008
Soirée Chants de Marins
06 avril 2008
L'esprit de la Morue
L'esprit de la morue, par les Souillés de fond de cale, est leur deuxième DC, le premier n'étant actuellement plus disponible.
Le dessin de couverture du livret donnant l'intégrale des textes, a été fait par Gildas Chasseboeuf, connu entre autres pour son splendide album sur le Port du Légué, ou pour sa participation à l'album de Fortunes de Mer.
Les titres autoproduits : 1 - L'engagement (JC. Morvan), 2 - Rue des trois matelots (JF. Esmelin), 3 - La Morue (Collectage, JC. Morvan), 4 - La tonne (Trad., N. Kalma), 5 - Cécilia (JC. Morvan), 6 - Gwerz des goémoniers (D. Abernat), 7 - Le prunier (Trad., JC. Morvan), 8 - Mister Stan (P. Noirel), 9 - Isabeau (Trad., Arr. SDFC), 10 - Les Filles de New-York city (Trad., M. Yaouank), 11 - La reine Mab (JC. Morvan), 12 - C'est dans la ville de La Rochelle (Trad.), 13 - Le joli navire (J. Richepin, G. Cueff), 14 - La mélasse diabolique (JC. Morvan), 15 - La plaque (A. Jézéquel, SDFC), 16 - Quinze marins (M. Tonnerre), 17 - Les souillés (JC. Morvan).
Le choix des chansons sur le disque est judicieux, compositions de Jean Claude Morvan l'accordéoniste du groupe, reprises ou traditionnelles arrangées avec goût, et déjà on y trouve ce qui fait la force des SdFdC, l'ensemble vocal remarquable sur Isabeau, ma chanson préférée. Il y a aussi des chansons amusantes, comme le laisse augurer le titre avec son jeu de mots clin d'oeil à l'histoire de Paimpol ; l'histoire du prunier est vraiment extra, celle de la morue aussi. Enfin un hommage à Stan Hugill le grand shantyman, nous est livré avec une chanson gospel, écrite par Philippe Noirel, le chanteur principal.
Bref, ce complément indispensable à "12 ans d'âge" chroniqué il y a quelques temps vous permettra de passer un bon moment à Paimpol.
La révolution de Bilitis
Un livre paru en février 2008 aux éditions Syllepse, et écrit par Michel Lequenne, déjà auteur de nombreux ouvrages, dont "Christophe Colomb, Amiral de la mer Océane", publié par Gallimard en 2005.
Tout d'abord j'ai retrouvé avec plaisir un collage de Santa dont j'avais parlé il y a quelques temps, et qui illustre à lui seul l'univers du livre.
Après la Grande Guerre, seule une bande de terre plus ou moins située autour de l'équateur est encore habitable, la vieille Europe est transformée en un désert radio-actif. Le monde est dominé par quatre grandes familles qui dirigent une plèbe décervelée par les émissions de télé en forme de propagande, les livres rédigés par une machine, un méli-mélo des anciennes religions, et surveillée de près par la Sécurité Humaine. L'histoire et la littérature ont été réécrites. Surgie d'on ne sait où, une révolution de femmes qui vise à supprimer le sexe masculin de la Terre, éclate. Les quelques résistants à cet ordre mondial, essaient alors d'en tirer parti.
Je ne vous raconterai pas l'histoire rédigée avec un style élégant, et dont l'intrigue est tout bonnement passionnante, avec des rebondissements, des personnages qui jouent double jeu, des manipulations politiques, et où la caricature semble parfois bien près de ce que l'on peut constater au quotidien. La passion de l'auteur pour la Politique transparaît.
Les noms des principaux personnages : Bilitis, Hypolythe d'Eon, Aristogiton Blondin, Wagner, Goerria et les multiples clins d'oeil qui parsèment le livre traduisent bien le ton. C'est de l'humour teinté de noir... qui projette notre monde actuel dans un futur absurde mais qui paraît si possible.
Pour résumer, un moment de jubilation ! Courrez l'acheter.
01 avril 2008
Bordel de Mer
31 mars 2008
Médiocrité morale...
Voici quelques temps un de mes collègues de travail m'a donné cet article paru dans le Point du 17 janvier. Il s'agit d'un entretien entre Aviad Kleinberg, spécialiste du christianisme au Moyen Age, et Elisabeth Lévy, suite à la parution du livre de ce dernier, "péchés capitaux".
J'ai trouvé cet article extrêmement profond et le regard porté sur la société actuelle empreint d'une extrême lucidité.
A lire donc et à méditer...
LePoint_080117_MediocriteMorale
29 mars 2008
Aux quatre vents
Voilà un DC que j'ai commandé après avoir vu et écouté le groupe à Paimpol, qui m'avait fait une excellente impression.
Pour un premier album, Pavillon Noir a fait le pari de n'enregistrer que des compositions originales. Le groupe signe toutes les chansons, ce qui est toujours sympathique et correspond bien à l'ambiance complice que l'on retrouve sur scène : 1 - Les sauveteurs, 2 - Hommage, 3 - Les écumeurs, 4 - Esclaves, 5 - Le Bugaled Breizh, 6 - La déprim' (du sous-marinier), 7 - Vieille guerre, 8 - Les vaisseaux de pierre, 9 - Les secrets de la mer, 10 - Aux quatre vents, 11 - Les orientales, 12 - Jean-Marie.
J'ai bien aimé les mélodies qui sont faciles à retenir et entraînantes, sur des rythmes à danser. On suit les péripéties de la vie de Jean-Marie un poivrot de choc avec amusement, on trouve des choses plus profondes dans l'hommage aux marins de la révolution russe. Les grands thèmes de la vie des marins sont abordés, les pirates, la Bretagne, le commerce triangulaire.. sur le site on peut découvrir les paroles et les extraits de toutes les chansons.
Mon seul regret, c'est l'impression de retenue qui se dégage à l'écoute, comme si le fait d'enregistrer avait bloqué l'énergie que le groupe déploie en concert.
C'est la mer
Et bien voilà une bonne nouvelle pour tous les amateurs de chant de mer, un nouveau disque de Michel Tonnerre est annoncé pour début mai. Le titre de ce nouvel album est "c'est la mer", comme indiqué par son agent.
Par ailleurs, un site entièrement refondu (le dernier n'avait pas été mis à jour depuis le 13 août 2004) est mis en ligne : http://micheltonnerre.free.fr/. On y trouve un lien vers le site de "Arthur Music" sur lequel on peut écouter 2 extraits "Hoedic" et "C'est ma vie". Un version de quinze marins en anglais devrait également y figurer.
28 mars 2008
L'amant confesseur
Voilà un disque de véritable musique traditionnelle québécoise avec Claude Méthé au violon et ses nombreux invités, dont Paul Marchand à la guitare, que l'on a pu apercevoir cet été à Paimpol, jouant pour le concert d'Hervé Guillemer.
Ce DC (Disque Compact et pas Compact Disc...) enregistré au Québec en février / mars 2006, porte le nom d'une chanson racontant la confession d'une jeune fille. Il est articulé autour de cinq chansons entourées de reels et autres pièces de facture traditionnelle (oui, oui avec podorythmie et tout et tout...) composées pour la plupart par notre violoniste :
1 - Le rang du Pic Dur / La Tête dure, 2 - Parler d"amour, 3 - La picotte / Les Démangeaisons, 4 - Le Reel aux pommes / Le Faux ton / La Pascaline, 5 - L'amant confesseur, 6 - Le set à Thérèse, 7 - Le Klondike, 8 - Le Facteur Gordon, 9 - La Bergère aux larmes, 10 - Le Reel Robin / Le Dragon, 11 - Le Terre-Neuvien / La Fleur de lys / Le Champs de bataille, 12 - Les Champs-Vallons / La Pointe Platon, 13 - Les Poulets à Gilles, 14 - La Gigue des jeunes jambes, 15 - La Valse béatitude.
J'aime particulièrement deux chansons très drôles, le Klondike et les poulets à Gilles, enregistrées dans une belle ambiance de délire entre potes. La voix de Claude Méthé y prend toute sa saveur avec un accent québécois bien prononcé.
Tous les instrumentaux interprétés avec énergie, donnent des fourmis dans les jambes. En revanche, je suis moins convaincu par le dernier morceau, une valse aux accents irlandais, très belle, mais où le violon est trop rugueux à mon goût.
Bref un bon disque qui met de bonne humeur, ne serait-ce que lorsqu'on regarde la pochette et son léger goût anti-calotin.
Vous pouvez en savoir plus sur le site www.claudemethe.com.
24 mars 2008
12 ans d'âge
Un disque des Souillés de fond de cale, que dis-je, un "must", que chaque amateur de chant de marins se devrait de posséder. Il y a là-dedans du concentré d'énergie et de joie de vivre, servi par une maîtrise vocale que peu de groupes atteignent, et des arrangement de référence.
Le contenu en détail : 1 - Bonsoir maître de maison, 2 - Le navire du forban, 3 - John Kanak, 4 - Le tatoué, 5 - Les filles de la Rochelle, 6 - La Bella Donna, 7 - Hale dessus, 8 - Jim, 9 - Les filles de Lorient, 10 - L'harmonica, 11 - Dick Board, 12 - Uélé, 13 - Les calfats, 14 - C'est dans la ville de la Rochelle, 15 - Pique la baleine, 16 - La java des hommes-grenouilles.
Pour ma part j'ai du mal à dire ce que je préfère dans ce CD, tant la qualité est homogène, mais "C'est dans la ville de la Rochelle" et "Pique la baleine" sont extraordinaires, et l'hymne du groupe, emprunté à une planche de Tintin au Congo, "Uélé" me rappelle les concerts auxquels j'ai eu la joie d'assister.
Un moment de bonheur !
23 mars 2008
La maison de Quiberon
Voilà quelques temps que j'essaye de faire partager la richesse de l'œuvre de Gérard Pons, ce poète lithographe du Castellet qui poursuit son chemin créatif en toute simplicité, et avec un rayonnement humain impressionnant.
Grâce à Gilles qui a laissé un message sur le blog, je peux vous proposer une reproduction de cette gravure, à l'image de son auteur, simple mais riche.
Il me semble que c'est la qualité auquel quiconque essaye de créer doit s'attacher en premier. Que l'on écrive, que l'on peigne, que l'on compose, la simplicité traduit le fait que l'on a su capter l'essentiel.
Plongez vous dans cette image, écoutez le vent, écoutez la mer, sentez l'iode pour tendre à l'humilité de l'amour qu'on peut porter à l'océan.
22 mars 2008
Corrections Kültürelles
Il y a des fois où mon esprit un peu lent peine à saisir le sens des choses. Voyant cette magnifique croix de X allumée en rouge sur une des tours de la Grande Bibliothèque, je me suis demandé ce que cela pouvait bien représenter.
Tout d'abord je me suis dit que le génie français était grivois, et que la production de livres classé "X" devait bien remplir une tour, signalée au public par ce symbole bien connu. Le passant printanier, à la sève verte et vigoureuse sait ainsi, tout de suite, où aller pour trouver de délicieux ouvrages croustillants dont il pourra se délecter.
Mais, le retour de la Morale pointant son nez au gré des harangues de certains personnages publics, l'idée m'est venue que ce pourrait difficilement être l'explication de la vraie vérité. J'imaginais le père de famille moyen, ayant voté du côté obscur de la Farce, tout pétri d'idée bienséantes et religieusement correctes, apprendre en lisant le Fikarô Mâdâme que la Bibliothèque de France abrite des tonnes de bouquins de cul postérieur (et paraîtrait-il qu'il y en a même avec des photos cochonnes !)..., qui plus est, signalés par un grand symbole, le tout avec l'autorisation du Ministère de la Culture !
Non, non, non, ce n'est pas possible !
Non, l'explication était forcément ailleurs, avec un X comme Malcolm X, bof, trop américain malgré les penchants de certains, un logo de la Croix Rouge relooké, bof... et finalement fiat lux (et pas fiat de luxe), jaillissant des ténèbres mémorielles de mon passé scolaire, une croix, en rouge, pour barrer rageusement une énaurme fôte, c'était donc cela.
Et oui, en un geste magistral, une croix rouge pour indiquer au peuple de Paris et de France, que tout ce qu'il y a là-dedans c'est pas bon, ça fait réfléchir, ça fait avoir des pensées obscures, voire même déviationnistes. Et encore on n'ose prononcer le nom de celui qui a eu l'idée de ce projet, il pourrait revenir d'outre-tombe pour chatouiller les pieds à quelques uns de ses anciens amis...
A trop lire on pourrait remettre en cause certaines choses et certaines vérités absolues du moment. Et comble de l'horreur, quand on passe du temps à lire on n'en passe moins dans les supermarchés et autres temples de la consommation. Aaarghh.. mais c'est bon sang bien sur, quelle horrible horreur, on perdrait un quart de point de croissance si les ménages ne consommaient pas, les banques s'écrouleraient, les bénéfices du CAC 40 chuteraient, dantesque, proprement dantesque comme conséquences !
Et oui, voilà la vraie signification de ces jolies lumières rouges, ce ne sont pas celles d'un lupanar, elles forment le sceau moderne de l'infamie aposé sur un tas de livres !
Encore un peu de patience et viendra le retour des autodafés... ( ;-) n'est-ce-pas Eric ? )
20 mars 2008
Brisants
Pour compléter le message d'hier voici les paroles de cette chanson d'Hervé Guillemer, publiée sur le disque Escales.
Je sais des refrains de mer
A vous faire pleurer les pierres
Quand elles assèchent leurs douleurs
De leurs marées de malheur
Je sais les navires naufragés
Qui éventrent leurs carènes
Sur le granit affleuré
De Ouessant et de Molène
Je sais la mer en tristesse
Par le vent rude caresse
Quand sa haute et longue houle
Garde les marins qui coulent
Je sais les regards mouillés
Des femmes sur les jetées
Qui maudissent les écueils
Avec leur couleur de deuil
Je sais les coeurs déventés
Des amours encalminés
Et la vie qui se saborde
Aux roches de la discorde
Je sais les yeux délavés
A force de larmes salées
Je sais les amarres larguées
Des pontons abandonnés
Brisants,
Croix des hommes venus de la mer
Brisants,
Mémoire de tant de chagrins de mer
19 mars 2008
Vols de mouettes
Dans la série des photos dont je parlais dans le précédent message, en voici deux, toujours prises par Daniel, qui évoquent la liberté.
Tempête à Plougrescant
Ah quelle vue somptueuse, de celles qui font rêver les pauvres citadins que nous sommes, perdus au fond des contrées sauvages où la civilisation s'appelle voitures, stress et vie de dingue. Heureusement qu'il y a des témoins comme Daniel, d'Avurnav, pour nous envoyer quelques photos qui nous donnent la force de tenir jusqu'aux prochain séjour dans les Côtes d'Armor. Cette photo me fait penser à une chanson qui s'appelle "brisants", il faudra que je mette le texte en ligne.
17 mars 2008
Saison sèche
Un excellent roman policier, qui s'appuie sur une intrigue assez simple, une histoire de cadavre retrouvé par hasard au fond d'un lac (je n'en dis pas plus car le début est assez sympa), mais qui puise sa force dans des va-et-vient incessants entre passé et présent. On est pris peu à peu, happé par la mise en place des pièces du puzzle qui conduit l'inspecteur Banks à retracer le passé, d'abord sur un rythme lent, avec des pistes aux départs multiples qui finissent par se rejoindre. C'est un régal, tant par le style que par la construction, l'ambiance, les personnages, leur personnalité. Bref, un polar recommandable !
Paru en 1999 sous le titre "In a dry season", il a été traduit par Dominique Rinaudo pour sa parution en 2000 chez Albin Michel.
15 mars 2008
Un poème sur la mer
Voici un court poème de Gérard Pons, du Castellet, comme toujours sobre, élégant, profond.
L'immensité de l'océan
n'explique pas le temps qui passe
et l'éternité
semble minuscule
au marin perdu en mer.






















