Chants de mer, de marins et autres...

Chants de marins, chants de mer, d'ici ou d'ailleurs, pour le plaisir des textes et des mélodies...

27 avril 2008

Nagasaki

Sur un collage de Santa appelé "explosion atomique 1", voici un petit texte...

Explosion__atomique_1


L’éclair aveuglant et la pâleur de la chair
Sur la blancheur d’un sein, une flétrissure
La peau se tend, se tord et se craquèle
C’est un boursoufflement de cloques vitreuses
La chaleur est intense, le souffle est brûlant

Geisha de marbre, statue impassible et hiératique
Tes cheveux sont bruns d’être consumés,
Devenus ceux d’une poupée d’horreur

Les survivants se tordront de douleur
Place à l’atrocité barbare
La Beauté n’a plus cours ici bas.

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10 février 2008

De Paimpol à Saint-Malo

Une petite toune en pensant à la Bretagne et aux histoires que j'aime bien...

Et de Paimpol à Saint-Malo
J'entends les chœurs des matelots
Qui chantent ensemble sur les quais
Quand ils ont fini de pêcher

Grâce aux cargaisons de morues
Les armateurs sont bien ventrus
Mais les avances ne viennent pas
Pour les pauv' gosses des terre-neuvas

Refrain
  Chants de marins, chants d'amitié
  Oh hé, il faut haler
  Chants de la mer, chants de misère
  Oh hé, il faut souquer

Et de Roscoff jusqu'au Conquet
J'entends les âmes des naufragés
Qui viennent voler dans le vent
Par les grands soirs de mauvais temps

On gratt' not' terre pour subsister
Mais la tempête n'laisse rien pousser
Alors elle jette sur nos brisants
Des bateaux et tout c'qu'il  y'a d'dans

Refrain

Au Menez Hom je suis monté
Vers Huelgoat j'ai regardé
Je voulais écouter les fées
Et leurs murmures dans la forêt

Avec Viviane on veille sur vous
Les grands, les p'tits, les riens du tout
Et les marins et les terriens
Et tous ceux qui croient en Merlin

Refrain

Puis en rentrant à Saint-Servan
J'entends l'appel des vieux gréements
Qui rêvent encore aux grands oiseaux
A leur sillage tracé dans l'eau

C'était l'bon temps des Cap Horniers
Des corsaires et des flibustiers
Qui prenaient l'vent dans les huniers
Oh hisse hé oh, voiles à carguer

Refrain

Mark O'Spencer (26 décembre 2003)

De_Paimpol___Saint_Malo___Mark_O_Spencer
Cette chanson est déposée à la SACEM, mais si vous souhaitez l'utiliser, pas de problème il suffit de citer l'auteur et de le prévenir.

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26 janvier 2008

Belles à croquer

En souvenir de ces marins au long cours qui suivaient la route des Indes et qui revenaient au port en contant leurs aventures avec les plus belles femmes de chaque port...

Refrain
J'aimais la belle, si belle à croquer
Que mon p'tit cœur s'mettait à trembler
J'aimais la belle, si belle à carguer
Que tout' mes voiles s'mettaient à claquer
J'aimais la belle, si belle à craquer
Qu'mon cabestan s'mettait à virer


Un jour marin, j'suis parti d'France
Droit vers le Sud, Bonne Espérance
A Zanzibar, j'vis une beauté
Corps pur ébène, yeux veloutés
Une vraie déesse qui m'envoûtait
Elle était belle, à caboter

Mais mon bateau partait à l'Est
Le cœur brisé, elle me dit "reste"
C'est point possib' que j'lui ai dit
On met l'cap sur Pondichéry
Car dans not' cal' y'a qu'des épices
Et de madras faut qu'on remplisse

Refrain

Me v'là en Inde, le pied sur l'quai
J'vis une hétaïre, dans un troquet
Peau douce cuivrée, et yeux bridés
Longs cheveux noirs, moue décidée
Son beau sari qui s'entrouvrait
La rendait belle, à s'embarquer

Retour à l'Ouest, Madagascar
Dernière escale, ça fout l'cafard
Adieu l'Indien, et tes sorcières
Leurs p'tits volcans, qui nous rendent fier
On franchit l'Cap, vers l'Atlantique
R'tour à bon port, longeant l'Afrique

Refrain

C'est l'cap au Nord, vers la maison
Adieu le bord, vers la raison
Dans le civil, on nous oublie
C'est comme êt' vieux, ça affaiblit
Mais j'suis marin, et le plus beau
Pour moi une belle, s'est j'tée à l'eau

J'me souviens plus d'où qu'elle était
Car dans chaque port j'ai bourlingué
Mais c'est une femme que j'ai aimée
Comme tout' celles pour, qui j'ai craqué
Les toutes belles, belles à croquer
Mes p'tites chéries, mes p'tites pépées

Mark O'Spencer (20 février 2004)

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Le vieux fauve

Un petit texte sur un pêcheur imaginaire de l'île d'Ouessant, ile de légende et de mystères, et son phare magique la Jument.

Kermedic est nomade
Alambic, en ballade
Matelot en vadrouille
Prêt à tout, aux embrouilles
Un vieux fauve aux abois
A la patt’, de guingois

Kermedic est en mer
Son bateau, va bien fier
Un gros bruit de moteur
Qui ronronne, à toute heure
Un bon vieux chalutier
Son gagne-pain, son métier

Refrain
C'est bien plus qu'un homme, c’ gars là
C'est un vrai marin, vraiment là
C'est bien plus qu'un homme, c’ gars là
C'est un vieux marin, toujours là
Au larg’ d’Ouessant,
Cap sur la Jument.


Kermedic se sent bien
Loin des villes, des requins
Armateurs aigrefins
Négociants, âpres au gain
Un vieux pêcheur d’antan
Egaré, dans l’ présent

Kermedic sait déjà
Qu’un beau jour, l’empannera
Remisera ses filets
Le fera, désarmer
Un sal’ jour de gros temps
Qui n’est plus, loin maint’nant

Refrain

Kermedic aime sa vie
De vieux loup, sans souci
Goéland sur les mers
Mais canard, sur la terre
Il est fils d’océan
Et s’y rêv’, librement

Refrain

Mark O'Spencer (12 novembre 2005)

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La bouteille et les verres

Un petit texte de 2003, pour lequel je n'ai jamais trouvé de musique, et qui conte les mésaventures d'un pauvre marin suite à sa rencontre avec la divine bouteille...

Au premier verre, j'étais pêcheur,
Je revenais, du dur labeur.
Je m’remettais, d'mes émotions,
En goûtant de, cette rouge potion.


Refrain
Boire un p'tit coup, ça fait pas d'mal,
De ce ginglet, qu'est gouleyant,
Un bon godet, ça c'est pas sale,
Ca va partout, ça fouette le sang !


Au deuxième verre, j'étais l'bosco,
J'donnais des ordres, à ces péqu'nods,
Qui venaient jus-te d'embarquer,
Direct des champs, vers la salée.

Refrain

Troisième bouteille, j'étais pacha,
Je commandais, ces fiers à bras,
Pare à virer, fais les manœuvres,
C'est moi l'patron, c'est toi qui œuvres.

Refrain

A quat' tournées, j'étais corsaire,
J' défiais l'Espagne, et l'Angleterre,
Et mon fier cotre, sur l'océan,
Faisait trembler, ces mécréants.

Refrain

Au p'tit matin, ma tête hurlait,
J'étais tout sale, et cabossé,
J'crois bien qu'c'est la , faute aux anglais,
Y z'étaient quat', pour me rosser,
Mais j'vais m'remettr', et j'les aurai,
A c't'heure faut qu'je.....
         … r'tourne au troquet.

Mark O'Spencer (14 décembre 2003)

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21 janvier 2008

Ma terre

Un petit texte perso, que j'ai eu le plaisir de voir repris dans une revue de poésie bruxelloise : La Cigogne, périodique bimestriel d’information littéraire, culturelle et artistique, 53, rue Van Soust, 1070 Bruxelles... qui citait la publication faite dans le Tome XIII des poètes du Dimanche, une association qui publie tous les ans un recueil.

Quand l'océan mugit en plein cœur de l'hiver,
Déchiré sans répit par un vent qui lacère,
Arrachant de ses griffes une écume en lambeaux,
Jetée sur un récif qui sera son tombeau…

J'ai ma terre au cœur et j'y ancre mon âme,
Comme un coin de paix bien à l'abri des drames,
Un coin de poussières balayé par le temps,
Un coin de mystères qui bâtit mon présent.

Quand les arbres sont nus, devenus si tremblants,
Leurs branches si ténues comme des filaments,
Agitées de frissons, de sursauts convulsifs,
Comme un fou sans raison, devenu si rétif…

J'ai ma terre au cœur qui n'est pas une patrie,
Juste un coin de douceur rejetant la folie,
De ces dieux révélés, de leurs servants maudits,
De ces humains zélés, obsédés de profit,
Ceux qui ont oublié l'homme et l'humanité,
Profèrent et jugent, les yeux si bien fermés.

       
Mark O'Spencer - 14 mars 2006

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02 décembre 2007

Insomnie

07_08_22_Toulon_24


J'ai regardé la lune aux éclats verts
Jouant dans l'eau des reflets sombres,
Pour égayer toutes mes nuits d'enfer
Yeux rouges à regarder les ombres.

J'ai regardé le soleil dans les yeux
Sans craindre un jour de m'éblouir,
J'avais foi en mes rêves si précieux
Et pas du tout peur de mourir.

J'ai regardé la Terre aller sans fin
Saoulée d'embruns et titubant d'air vif,
Noyé dans l'univers du lendemain
Comptemplant mon âme d'un air pensif.

J'ai regardé...
Un jour nouveau en train de naître.

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22 novembre 2007

Petit bout de vie

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Vint un petit matin
Un petit bout de vie
Un tout petit malin
Au regard tout ravi
De délicieux câlins
D'amour et puis d'envies
Du lait de bon matin
Qui lui donnait la vie...

L'amour et les envies
Les délicieux câlins
Qui lui donnaient la vie
Au lit de bon matin
Sa mère aux yeux ravis
Son père à l'air malin
D'avoir croqué la vie,
La pomme, un beau matin...

De ce tableau charmant
Renaissent des images
On y voit nos enfants
Sur un petit nuage
On y voit notre temps
Où nous avions ces âges
On y voit le présent
Qui n'est que de passage...
Saisissons le !

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03 octobre 2007

Ainsi va la vie...

07_08_07__Penmarch_Marc_33

Il arrive que la vie soit vide comme une orbite de poisson mort sur une grève de Penmarch,
Terne et lasse, posée sur du sable, à l'abandon, livrée à l'appétit vorace des goélands.
Il arrive aussi qu'elle soit vivante, colorée et pleine comme le ventre d'une femme enceinte,
Pleine de reflets insoupçonnés qui nous font entrevoir l'essence du bonheur.
La vie, la vie, la vie, finalement il faut la savourer du bout des lèvres, de la langue et du palais,
Comme un vin délicat dont l'arôme nous emplit les sens de goûts de fruits mûrs et de saveurs charnelles.

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27 septembre 2007

Une valse des marins

Voilà quelques mois, j'avais fini par trouver les paroles de la chanson du feuilleton "Entre Terre et Mer" qui raconte l'histoire d'un Terre Neuva au début du vingtième siècle. Les paroles de la chanson originale sont d'Hervé Baslé, et la musique de Pierre Bluteau & Dominique Dimey.
http://musicaspencer.canalblog.com/archives/2006/05/18/1906746.html

Tout de suite j'ai beaucoup aimé cette valse un peu mélancolique, mais j'ai aussi trouvé que les paroles très dures et pleines de sous-entendus ne collaient pas avec ce que la musique dégage. J'ai donc décidé d'écrire un texte pour qu'il puisse être chanté avec cette mélodie, par une femme.
Voici ce texte et un .mp3 enregistré par ma tendre épouse, comme ça, a capella, et comme d'habitude juste pour le plaisir de chanter.
Une_valse_des_marins

L'âme des femmes s'évade au loin
S'envole aux vents d'Hiver
Et lentement…
Elle divague et l'air serein
S'en va perdue en mer
Au fil du temps…

Elle vole et cherche les marins
Les Hommes au regard clair
Tout doucement…
Elle guette et capte les embruns
Les vagues et les éclairs
Dans le gros temps…

Elle imagine les corps transis
Trempés dans la nuit sale
A en crever…
Elle pressent la mort tapie
Prête à faucher sans mal
Ils sont usés…

Le bateau craque, la coque gémit
La lueur du fanal
Va s’effacer…
La mer s’acharne et sans répit
Vient à remplir les cales
Ils vont sombrer…

Au creux de la nuit étoilée
La lande murmure des noms
Que l’on connaît…
Mon homme a disparu je sais
Mon cœur m’en a dit long
Il le savait…

Dans ma si tendre maisonnée
Le temps sera plus long
A tout jamais…
La vie d’avant va s’égrener
Aux heures qui tournent en rond
Sans se presser…

L’âme d’une femme en son chagrin
S’éveille aux voix des anges
S’apaise enfin…
Elle aperçoit dans le lointain
Un goéland étrange
L’âme d’un marin…

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