14 avril 2009
Armand Hayet - Chansons de bord
Dans l'univers des chants de marins, ce livre est un point de départ. Paru en 1927, ce recueil de quatorze chansons réellement chantées à bord des grands voiliers constitue un collectage extrêmement intéressant, instructif et documenté puisque rédigé par un capitaine au long cours.
J'ai longtemps cherché à voir ce livre dont tout le monde parle mais qui n'est plus très courant malgré quelques rééditions. Profitant donc de cet exemplaire illustré, tombé entre mes mains par hasard, et photographié aussi sec, je saisis l'occasion d'entamer une série de messages qui je pense permettront de combler la curiosité des passionnés qui n'auront pas eu la chance de découvrir "Jean-François de Nantes" et autres chansons du patrimoine telles qu'elles ont été imprimées à l'époque.
C'est dans ce livre recelant des commentaires passionnants sur la vie à bord que l'on trouve la classification des chants et les explications sur leur fonction en :
- chants à hisser (pour border une basse voile ou hisser un hunier), menée par un homme seul sur un ou deux vers pendant que le navire roule sur le bord défavorable, auquel les hommes répondent en chœur en halant,
- chants à virer ou chants du cabestan (pour virer les chaînes des ancres ou virer l'aussière pour se déhaler) qui sont les chants les plus libres comme le charivari, utilisé pour stimuler l'équipage en plein effort en désignant grossièrement un membre d'équipage, un officier et même jusqu'au commandant,
- chants du gaillard d'avant (les autres chansons qui n'étaient pas spécialement composées pour appuyer ou stimuler un effort).
Les quatorze chansons collectées sont les suivantes :
- chansons à hisser : nous irons à Valparaiso, Jean-François de Nantes, as-tu connu le père Lancelot ?, sur le pont de Morlaix, Y a z'un petit bois,
- chansons à virer : la Margot, le grand coureur, quand la boiteuse va-t-au marché, passant par Paris,
- chansons de gaillard d'avant : la Danaé, le trente et un du mois d'août, adieu cher camarade, pique la baleine, les pêcheurs de Groix.
21 mars 2009
L'Hermione
Pour revenir sur le patrimoine de Rochefort, et plus particulièrement sur le chantier de l'Hermione, voici quelques photos prise il y a un an et demie. Pour en savoir plus le site de l'association est très intéressant, mais le mieux est encore d'aller découvrir de visu ce magnifique bateau, une véritable œuvre d'art.
La visite de ce chantier est un voyage à travers le temps et cela m'a fait la même impression que la visite du HMS Victory (si, si, le bateau de Nelson....), un transport vers une réalité dure que l'on a du mal à s'imaginer autrement qu'en parcourant les ponts, courbé et oppressé par le manque d'espace, mais subjugué par la beauté et la grandeur du bateau en son entier.
Et enfin, le voyage dans le temps ne serait pas complet si l'on ne rencontrait pas les métiers et les hommes.
03 novembre 2008
Palinuro
Le Palinuro porte un gréement de trois-mâts goélette.
Le
"Palinuro" actuel fut lancé en 1934 aux chantiers navals Dubigeon de
Nantes sous le nom de "Commandant Louis Richard", pour le compte de la
Société des Pêches Malouines. Il fut utilisé jusqu'au début de la
deuxième guerre mondiale au riche commerce du transport et de la pêche
au cabillaud sur les bancs de Terre-Neuve. Il est le sister ship du
"Lieutenant René-Gillon".
A
la fin de la deuxième guerre mondale, la marine italienne ayant perdu
le navire école "Cristoforo Colombo" (sister ship de "l'Amerigo
Vespucci") qui devait être confisqué par l'ex-URSS au titre des
dommages et intérêts des années de guerre, s'interrogea sur la
nécessité de continuer à entraîner ses propres
équipages sur de grands navires à voile. L'état major décida de
maintenir l'expérience de vie et l'amarinage qui se poursuivait depuis
des années sur des voiliers comme base de l'entraînement de ses
équipages.
Ce fut donc en
1950 que l'actuel navire Palinuro fut acheté par la marine italienne et
subit une longue série de travaux à l'arsenal de la Spezzia pour le
transformer en navire école pour la formation des cadets de la marine
italienne. Sa voilure d'origine fut restituée, la dunette fut
prolongée, l'intérieur transformé pour servir à sa nouvelle vocation.
Il est entré en service le 16 juin 1955.
La figure de proue représente Palinuro.
Selon la tradition mythique évoquée par le poète Virgile dans l'Enéide, Palinuro était le timonier du bateau de Enée. Pendant leur voyage vers l'Italie Neptune, le dieu de la mer, accorda une navigation sure au peuple troyen à condition que l'un des leurs fut sacrifié.
Palinuro toujours aimé et estimé par Enée pour son dévouement, sa fidélité et sa grande compétence de marin fut choisi pour payer pour le salut de tous.
Neptune envoya Morphée, le dieu du sommeil, lequel chercha à persuader Palinuro de lâcher la barre. Ne réussissant pas à convaincre Palinuro, Morphée l'endormit en l'aspergeant avec les eaux du Léthée, le fleuve de l'enfer.
Palinuro s'assoupit, fut jeté à la mer par le dieu du sommeil et, quand il aborda exténué le rivage de Lucano, il fut tué par les indigènes qui le prirent pour un monstre marin.
Son cadavre demeura non enterré.
Descendu aux enfers, Enée rencontra l'ombre de son timonier qui lui demanda une sépulture rituelle.
Les mêmes populations indigènes qui l'avaient tué, contraintes par les prodiges divins, recherchèrent et trouvèrent le cadavre, l'enterrèrent et érigèrent en son honneur un temple sur le promontoire appelé depuis le Cap Palinuro.
Déjà dans le passé plusieurs navires ont été baptisés de la sorte :
- une corvette construite en France en 1844 pour le compte de la marine de Naples,
- une goélette construite à Gênes en 1887 utilisé comme navire école,
- un remorqueur lancé à Ancone en 1929, renommé "Porto Palo" en 1941 et coulé en 1945.
Photos prises à Toulon en 2004 et histoire traduite et résumée de l'article disponible sur le site de la marine italienne.
19 septembre 2008
Carnets du Cap Horn
Ce livre n'est pas un roman. Il est paru en mars 2008 aux éditions Arléa. Il s'agit de la publication d'une histoire familiale, illustrée de quelques photos d'époque. Roland Paringaux, le petit fils de Pierre Stéphan, capitaine au long cours, qui est devenu commandant du quatre-mâts Président-Félix-Faure en 1904 à l'âge de vingt quatre ans, a utilisé les carnets de son grand-père et de sa grand-mère, ainsi que ses souvenirs d'anecdotes entendues lors des réunions de famille pour écrire ce récit vivant qui se savoure d'une traite.
On y retrouve les fameuse histoires du Cap-Horn que le capitaine a passé 11 fois, dont 3 fois avec son épouse Marie-Jo, de la route du nickel et du salpêtre, les misères et les joies des voyages de plusieurs mois. Ce livre se termine avec l'abandon de ces merveilleuses créatures des mers, le long d'un quai, cimetière des grands voiliers sur la Loire, non loin de Nantes.
Ces hommes et leur courage sont finalement devenus des mythes vivants à la faveur du renouveau de la voile.
Je dois dire qu'après avoir visité le musée des Cap-Horniers de la Tour Solidor à Saint-Servan j'en étais vraiment ressorti avec une grande admiration pour les acteurs de cette épopée que j'ai retrouvée ici.
Pour terminer cet article, voici la très belle citation de Joseph Conrad qui commence le récit : "Et soudain j'éprouvai avec plaisir la grande sécurité de la mer en comparaison des agitations de la terre ; je me félicitai du choix que j'avais fait de cette existence dénuée de tentations, dépourvue de problèmes troublants, et à laquelle l'absolue franchise de ses exigences et la simplicité de son but confèrent une beauté morale essentielle."
01 juillet 2008
Bateau qui rentre au port

Un bateau qui rentre au port, fin et élancé. Toujours la couleur...

























