Chants de mer, de marins et autres...

Chants de marins, chants de mer, d'ici ou d'ailleurs, pour le plaisir des textes et des mélodies...

12 juillet 2009

Liberté

Faisant suite à une visite de l'atelier de Gérard Pons au Castellet, voici un court poème, comme un écho à "J'écris ton nom" de Paul Eluard. L'auteur donne ce texte à chaque fois qu'il le peut, surtout lorsqu'il parle de poésie aux enfants. Quoi de plus libre que la poésie ?
Quoi de plus cher à défendre alors que son espace se réduit chaque jour, même dans nos pays dits démotratiques, mais obnubilés par les discours bien-pensants et moralisateurs qui veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Chaque jour amène ses mauvais exemples de dérive répressive au nom de... on a le choix... des victimes, de la sécurité, de la bienséance, du principe de précaution, de l'émotion, des tartes à la crême et finalement des coups de pied au cul qui se perdent alors qu'ils devraient botter le postérieur de ces politiciens communiquants qui n'ont de cesse que nous berner pour garder leur part de gâteau, servie par leurs potes aux manettes du bateau ivre de l'économie de marché.

Bâillonnée
Liberté
ton ultime refuge
est dans les yeux
Bafouée
Liberté
il suffit d'un regard
pour créer l'espérance
Au-delà de tout
Liberté
c'est en fermant les yeux
que l'on te perd
Liberté

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26 avril 2009

Chemin du littoral

Un nouveau poème de Gérard Pons, avec pour illustration la photo d'une de ces fenêtres voilées qui parsèment les façades décrépites.

Cousines, les mouettes d’Anvers

et celles du Pirée

jouent à promener la mer

sur des quais de suif.

De fenêtres sans voiles

s’élèvent quelques musiques

cosmopolites

qui scandent la démarche

chaloupée des gens de mer.

Les reflets du temps

rident des immeubles vétustes.

Ce sont les ombres différentes

d’un même soleil

qui engloutissent

la fuite du temps

…d’une escale.

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08 avril 2009

Le cœur Atlantique

Un poème écrit par Jacques Bideau qui est le grand parolier de Chœur Marine puisqu'il a écrit la plupart des chansons de leur premier disque et quelques unes encore sur le deuxième.

J_BideauVoici l'auteur, pris en photo lors de La Farandole des Chants de Marins de La Rochelle 2009.

C'est un des membres du groupe qui a eu la gentillesse de m'envoyer ce texte.

A regarder vers l’ouest,
Vers le soleil couchant.
Quand la voûte céleste
S’allume en scintillant.
Tournant le dos à l’Est,
Le dos aux continents.
Sur ces caps fin des terres,
Sauvages et tragiques.
Là, seul face à la mer,
J’ai le cœur atlantique.

Les yeux vers le Ponant,
Dans le calme serein,
D’un ciel tout rougeoyant.
Ou par un froid matin,
Plein de pluie et de vent,
Sous un épais crachin.
Quand les odeurs marines,
Aux  effluves toniques,
Emplissent mes narines,
J’ai le cœur atlantique.

Dans ces pays de vent.
D’embruns et de nuages.
Au bruit des instruments
Dont le son d’un autre âge,
Rythme danses et chants,
D’Ecosse aux bords du Tage
Aux binious et bombardes.
Au fado nostalgique.
Ma tête se lézarde,
J’ai le cœur atlantique.
   
Quand la mer chaque jour,
S’éloigne lentement,
Pour aller faire un tour
Vers la fin du jusant
Quand le flot de retour,
Vient reprendre l’estran.
Sachant que nos marées
Sont faites d’harmoniques.
Je me prends à rêver,
J’ai le cœur atlantique.

Hélas, bien trop souvent,
La vie emmène ailleurs,
Et parfois pour longtemps,
Vers des jours dits meilleurs,
Des pays exaltants,
Où trouver le bonheur.
Mais un jour on revient
C’est écrit, c’est physique,
Retrouver l’air marin,
Son cœur est atlantique.

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06 mars 2009

La Mer

Un poème tiré du recueil "Chants de Mer" de Pierre Osenat, publié en 1964 chez Armand Henneuse, Editeur. C'est le poème qui commence le chapitre appelé les Amants de la Mer, précédé d'une courte épigraphe.

"Poètes de la mer accordez votre lyre
La mer exige une âme et refuse des vers
Elle est source de cris, promesse de délires
Elle attend le sacré du cœur de l'Univers.

Un premier sortit de la ronde
          Se dressa
Droit dans la mémoire du monde
          Il récita"


Veuve tôt consolée des marins engloutis
Lasse d'avoir poussé sa houle interminable
La mer tout en frissons s'assoupit sur les sables
Où la vague a couché son corps appesanti.

Quand l'aube vers le jour roule son clapotis
La mer est neuve et lisse, étale, impénétrable
Et sereine, ayant tu sa clameur indomptable
Offre sa bouche bleue au baiser consenti.

L'embrun de tout remords a lavé mon visage
L'étrave de mon cœur ouvre un tendre sillage
Et vogue au rendez-vous donné par le soleil.

Je jette mes filets dans les eaux scintillantes
Et ramène mêlé aux algues ruisselantes
Comme un rêve oublié, un pan de ciel vermeil.

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10 janvier 2009

Chanson de pirates

Voici une chanson interprétée par Claude Nougaro dans son disque "Assez" paru en 1980. Les paroles sont issues d'un poème de Victor Hugo, la musique a été composée par Claude Nougaro et Maurice Vanderschueren. Une reprise de cette chanson figure sur le DC de Pavillon Noir "Aux quatre vents" qui l'a arrangée et rebaptisée les Orientales. En fait ce dernier titre est le nom du recueil de poésie de Victor Hugo paru en 1829, dont Chanson de pirates fait partie.

Nous emmenions en esclavage
Cent chrétiens, pêcheurs de corail
Nous recrutions pour le sérail
Dans tous les moutiers du rivage
En mer les hardis écumeurs!
Nous allions de Fez à Catane...
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingts rameurs

On signale un couvent à terre
Nous jetons l'ancre près du bord
A nos yeux s'offre tout d'abord
Une fille du monastère
Près des flots, sourde à leurs rumeurs,
Elle dormait sous un platane...
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingt rameurs

- La belle fille, il faut vous taire
Il faut nous suivre, il fait bon vent
Ce n'est que changer de couvent
Le harem vaut le monastère
Sa Hautesse aime les primeurs,
Nous vous ferons mahométane...
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingt rameurs

Elle veut fuir vers la chapelle
- Osez-vous bien, fils de Satan?
- Nous osons, dit le capitan
Elle pleure, supplie, appelle
Malgré sa plainte et ses clameurs,
On l'emporta dans la tartane...
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingts rameurs

Plus belle encor dans sa tristesse
Ses yeux étaient deux talismans
Elle valait mille tomans
On la vendit à sa Hautesse
Elle eut beau dire: - Je me meurs!
De nonne, elle devint sultane...
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingts rameurs

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16 novembre 2008

En marge du Vendée Globe…

05_05_150003Un texte du poète varois Gérard Pons qui met en relief la différence profonde qui peut exister entre terriens et marins, une certaine opposition entre la sécurité et l'aventure, l'investissement et la découverte.
Mais pour les marins l'apparente légèreté de la vie s'effacera bien vite dans la fureur des éléments.

J'ai trouvé que ce poème pouvait parfaitement servir d'introduction au  tableau ci-contre, de Dominique Maillochon, peintre d'Argenteuil, qui s'est inspiré du Vendée Globe et à parfaitement utilisé sa technique au couteau pour recréer l'ambiance et la force de la mer en furie.

Il me héla, me proposa d’embarquer.
Le bateau balançait
entre le quai et la bouée.
Comment partir,
une main sur la charrue,
les yeux dans le soleil, 
le cœur en émoi ?
Marin il n’avait
qu’un sac d’oublis et de lointains
dans lequel ne pesaient ni le passé 
ni le futur.
A cet instant
nous ne partagions, le marin et moi,
que le présent.
Mais déjà, j’avais semé et j’espérais,
soucieux de ne pas indisposer le ciel.
Mes heures étaient lourdes de sens
et le poids des nuages
lestait chacun de mes pas.
Il me héla encore,  me proposant d’embarquer.
C’est l’instant que saisit la pluie
pour me fixer au sol.
Sur la mer le grain fut sans effet…
Son sourire amusé fut la dernière image
que je gardais de lui
alors qu’il larguait les amarres.

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17 octobre 2008

Trop de chevaux marins

Un autre poème de Pierre Osenat, tirée du recueil Chant d'Amour édité par l'Atelier de Raymond Crès à Bonnétable en 1973.

Trop de chevaux marins galopent dans mes veines
Afin d'y rencontrer une fille des eaux,
Ils tendent l"encolure, ils forcent leur haleine,
Ils plongent dans l'écume à grand bruit de sabots.

Trop de chevaux marins traversent mon domaine ;
Les regardant courir je garde les yeux clos,
Je leur dit d'éviter l'étrange rive humaine
Où les êtres ne sont que de vagues falots.

Une fille des eaux sur les chemins de fable
Et, serrant les naseaux de ces chevaux matés,
Elle dirait la mer, les algues, l'admirable
Silence, le seul chant que je puisse écouter.

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Pour voir dans tes yeux

Un poème de Pierre Osenat, tirée du recueil Chant d'Amour édité par l'Atelier de Raymond Crès à Bonnétable en 1973.

Pour voir dans tes yeux une couleur d'âme
Je file vingt nœuds au fil des saisons,
Parmi les brisants, les convois de lames,
Vers les méridiens faiseurs de typhons.

Sur un cri de toi j'ancre ma gabarre,
Je largue au roulis l'âge dépassé,
Les dauphins noyés d'avoir trop dansé,
Mes jours embossés, mon cœur à l'amarre.

Si je vois la mort nager dans tes gestes,
Du haut de la hune où veille le vent,
Défiant l'enfer, le ciel et le reste
Et le "Hollandais" que l'on dit volant.

Je cargue à jamais toutes mes voilures,
Dé mât de misaine en mât d'artimon,
Laissant se briser carène et membrures
Et je te rejoins par vingt pieds de fond
.

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10 août 2008

La Fête de Nuit

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Un livre paru en 1972 que j'ai eu la chance de trouver chez un bouquiniste. Cet exemplaire avait été dédicacé par l'auteur, Xavier Grall, un poète breton qui a signé là un livre qui m'a beaucoup impressionné par sa force et son écriture.
L'intrigue est simple et sur les pas du barde Arzel nous fait croiser la route de Glenmor et de Jack Kérouac, dans les bistrots du XVème, et curieusement elle est fortement empreinte de la vie de l'auteur, comme une auto biographie, celle d'un journaliste malade, qui a sa Bretagne au cœur, mais dont la fin imaginée diffère de la fin réelle.
La force du livre réside dans la poésie qui surgit à chaque page dans les évocations magnifiques de la Bretagne, dans les descriptions fines des rapports entre une mère à la fierté bretonne et un fils passionné, dévoré par la maladie, angoissé par la mort et révolté par les atteintes à la culture de son pays. L'écriture est puissante pour décrire la vieille servante Jeannie qui a pris possession du manoir familial, ou le désir que Arzel éprouve pour Mona, la femme nue sous son manteau.
C'est aussi un livre à lire pour comprendre les motivations de ceux qui ont pris le chemin de la lutte politique voire armée pour l'indépendance de leur pays.

Un extrait : "Défini par la complainte des talus et la colère des vagues, traînant dans ses veines une paysanne sève barattée de noroits, il avait voulu s'identifier avec son pays contre les temps obscurs de la technique et de l'anonymat."

En filigrane on peut enfin trouver un sujet bien actuel, celui de la destruction progressive par uniformisation économique de toutes les cultures.

Bref, un texte à savourer et à méditer.... et au fait "fête de nuit", c'est "Fest-Noz" avec la traduction.

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21 juin 2008

A l'encre...

Un texte superbe de Yann Le Rousic que je vous fait partager en vous encourageant à découvrir sa poésie sur un de ses blogs Cargo. Vous y trouverez aussi les infos sur son prochain passage à Combourg.
Ecoutez l'auteur tout en lisant ses mots : brest_YLR_l

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A noter dans ce texte les références au chant de marins, aux écrivains des ports, à l'aventurier le plus célèbre de la BD, bref un régal de souvenirs et d'ambiance qui naît à la lecture...

je marche,
je marche sur les quais de Brest la désolée
le Port de commerce luis des larmes d’un crachin pathétique
les pavés se rêvent vainement des mots de Mac Orlan
sombre Cargo cassé, trépassé,
quelle bombe est passée là ?
sous les gravats de quel porche est ensevelie Barbara ?
c’était quand déjà ?
et dans quel trou dans l’eau a sombré Fanny ?
c’était où déjà ?
bon dieu ,
bon dieu qu’elles sont jolies les âmes des dames qui arpentent la pluie
celles que pensent mes mots
celle qui pansent mes maux
pour une pièce en or … et quand ils ont bien bu
une putain,
une putain et du Rhum
Putain du Rhum !
il me faut du Rhum … et des femmes
trouver la taverne
trouver la taverne et tout mettre en berne
trouver le verre, le Grall ...
le Grall qui emprisonne mon ancre de miséricorde
trouver le plus crade des rades de la rade
et calfater mon âme
à coup d’addictions de bourbon
et de largesses de Guinness
se caler sur le zinc cradingue et partir
partir en piste et boire avec les ombres qui sombrent dans ma mémoire
partir en bordée avec Jack, Pierre, John, Paol, Xavier, Corto, et les 
autres
partir pour une nuit, pour une vie jusqu’au plomb du petit matin
et gerber
gerber à l’aube toute cette daube qui me laisse encore à l’encre
à l’encre
à l’encre

Posté par marcspencer à 00:35 - Chroniques kültür - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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