19 août 2009
Parlure du Québec
06 avril 2009
La rencontre de Tshakapesh et de Tshiuetinush

Un conte Innu de mon invention...
L'aube était glaciale et bleue, mais l'innocent du village que tout le monde appelait Tshakapesh ou l'Homme dans la Lune s'était déjà levé pour se promener près du grand fleuve. Il savait que lorsque la Lune finirait de disparaître son ami le Rorqual, Tshiuetinush, l'Esprit du Vent du Nord, maître des vents et de l'hiver, serait là pour le saluer.
Non, il n'était pas fou, ses brusques accès de colère qui faisaient se secouer de rire tous les enfants du village n'étaient qu'une défense, sa seule arme pour ne pas se laisser envahir par le désespoir de n'être rien, un petit rien, perdu dans ses rêves, un garçon Innu qui n'avait jamais grandi, qui n'était jamais devenu ni chasseur, ni guerrier, et que tous prenaient en pitié tout en le craignant un peu.
Il le savait lui qu'il n'était pas fou, il était juste différent, son corps d'adulte avait gardé un cœur d'enfant et il puisait dans cette innocence la plus merveilleuse des magies. Il parlait à la Lune et il parlait à Tshiuetinush, et ceux-ci le comprenaient, écoutaient les récits de ses souffrances.
Un beau jour, la Lune et Tshiuetinush se dirent l'un à l'autre en secret qu'il était grand temps de montrer aux villageois combien était méprisable leur comportement envers Tshakapesh, dont l'âme était pure et droite.
En ces temps anciens les Innus pêchaient dans les torrents et chassaient dans la forêt sans limites qui bordait le grand fleuve. Leur instinct de nomades les rendait infaillibles, égaux des meilleurs animaux prédateurs, le loup, l'ours et l'aigle.
Un soir de fin d'été, dans l'air lourd parfumé de senteurs de canneberges et de résine, le chef du village et son plus fidèle chasseur s'enfoncèrent dans les bois pour aller relever leurs pièges à castors près du torrent.
Il ne se doutaient pas que quelqu'un les surveillait.
C'était la Lune qui suivait du regard les deux hommes. Attentive à leurs mouvements, la fille de la Terre guettait le moment propice pour faire signe à Tshiuetinush de commencer le spectacle.
L'air commença à frémir lorsque les deux Montagnais furent près de la rive du torrent. A l'appel du grand rorqual bleu nuit le vent se leva, apportant un orage terrible. la pluie s'abattait en un rideau aveuglant et dense. En un instant les flots du torrent se gonflèrent mus par une mystérieuse puissance et les emporta en rugissant.
Le chef de la tribu et son chasseur étaient comme deux morceaux de bois, ballotés en tous sens, écrasés contre les rochers, et finalement la furie de l'eau leur fit perdre connaissance.
Lorsqu'ils se réveillèrent hagards et transis, le ciel était gris sombre et la Lune pâle jetait une lumière blafarde, un brouillard dense stagnait sur la vaste étendue d'eau qui léchait doucement la rive sablonneuse sur laquelle ils étaient étendus, couverts de coupures et de bosses comme après un féroce combat. Dans ce silence de mort, troublé par le bruit de l'eau ils se regardèrent, effrayés. Ils se crurent passés dans le pays des ancêtres tant le calme ambiant contrastait avec leurs derniers souvenirs, mais la douleur que leur corps leur faisait sentir leur prouvait le contraire.
Mashmahikan le chef parla le premier. Le son de sa propre voix lui sembla un peu étrange. Quel sort leur avait-on jeté ? Et s'ils n'étaient pas morts, où étaient-ils, allaient-ils mourir de faim et de soif dans un endroit maudit ? Il n'y avait aucune explication plausible à cette situation qui le dépossédait de tout ce qui faisait habituellement sa superbe et lui permettait de dominer le clan. Il n'était plus le loup noir chef de meute, mais le vieux loup, moulu et usé, près de finir épuisé et vaincu par la malédiction de cet endroit. Le regard de son vieux compagnon lui semblait insupportable.
C'est alors qu'une voix lointaine sembla percer la brume, couverte par le son puissant d'un souffle bestial. Les esprits des ancêtres les appelaient, c'était cela. Une terreur irrépressible monta en eux, serrant leur gorge et les rendant encore plus pitoyables.
Quelle ne fut pas leur surprise lorsque la voix se fit plus proche et qu'il la reconnurent en même temps qu'ils voyaient sortir de la brume ce fou de Tshakapesh chevauchant le grand rorqual. Puis la surprise laissa place à une gêne teintée de la honte d'être surpris tremblants de peur par l'idiot de la tribu. Et malgré tout c'était du soulagement, celui de reconnaître un visage familier dans ce lieu de désolation.
Leur désarroi ne fut pas moins grand lorsque Tshakapesh leur raconta qu'il était venu à leur secours car son ami du Grand Fleuve était venu l'appeler, lui racontant que deux hommes valeureux avaient été emportés par le torrent, et jetés par le courant mauvais jusque sur un îlot au large de Mingan. Et puis que son amie la Lune avait jeté ses éclats pour lui montrer au travers de la brume poisseuse.
Ils admiraient maintenant ce simplet capable de parler avec la Lune et avec les Rorquals, ils avaient compris ce qu'était être différent.
Au village rien ne fut plus jamais pareil et Tshakapesh trouva la place qu'il aurait toujours du avoir, bien qu'il continuât à parler aux baleines et à la Lune.
29 mars 2009
Aquilon
Au pays des Acadiens de la côte nord, on se souvient de la "petite brise qui définit ce nom", mais dans la mythologie romaine Aquilon est le dieu des vents septentrionaux, froids et violents. Aquilon est aussi le journal francophone du grand nord canadien, le souffle francophone des Territoires du Nord-Ouest...
28 mars 2009
Saguenay
En traversant le Fjord, on perd son regard dans le lointain, dans la brume, dans les nuages.
02 février 2009
La Fin du Monde
Sti, qu'c'est bon c't'affair'là tabarnac !
Brassée par Unibroue (et pas Unibrew comme il m'est arrivé de l'écrire étourdiment à la mode franglaise ;-D ), cette bière est un véritable régal, le goût du Québec qui revient au palais lorsque par bonheur on en trouve en France.
Je regarde la belle image et je vois le Québec vibrer dans la lumière blanche d'un éclat de soleil sur la neige. Je laisse une gorgée douce et fruitée glisser le long de ma gorge et je me revois assis sur une terrasse de la vieille ville pour profiter des rayons du soleil de septembre. Je prends la photo, je lis l'étiquette et je me souviens avoir fêté la nouvelle année du Québec, celle de ses 400 ans en trinquant à la fin du monde.
03 janvier 2009
Sous les vents de Neptune
Ce bouquin paru en 2004 aux éditions Viviane Hamy, n'a finalement pas grand chose à voir avec Neptune si ce n'est le trident qui apparaît vite comme l'arme du crime, mais je n'en dirais pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue qui nous emmène bizarrement au Québec, et avec le langage et les mots associés ce qui est un premier plaisir.
Le personnage principal est l'inspecteur Adamsberg qui résoudra l'énigme de sa vie en nous entraînant dans son cheminement très personnel.
J'avais acheté ce roman policier par hasard, et finalement je me suis rendu compte que cette histoire avait été adaptée pour un téléfilm et que l'auteure Fred Vargas avait à son actif un tas de succès. Je n'ai pas regretté cet achat car j'ai passé un bon moment, c'est un récit bien fait, bien écrit et les personnages sont attachants. L'intrigue est retorse à souhait et capte l'attention, seul bémol le personnage de hacker qui arrive à la fin semble un peu invraisemblable et sorti d'on ne sait où... même si l'idée est amusante.
A parcourir les blogs des lecteurs pros comme celui de Amanda (lien 1 & lien 2), je m'aperçois qu'il y a certainement de bons moments à passer avec ce commissaire et avec sa créatrice.
06 décembre 2008
Alice au pays de l'Alzheimer
Voici un commentaire à propos d'un livre de Jacques Boulerice dont j'avais beaucoup apprécié le recueil de petites histoires "Ephémeride", et qui a publié là, en janvier 2008, aux éditions Fides, une histoire bouleversante, pleine d'humanité et d'amour.
En s'appuyant sur des notes prises sur un petit carnet, utilisées pour saisir l'instant et le conserver de façon sûre, l'auteur raconte la fin de vie de sa mère atteinte de la maladie d'Alzheimer, entre septembre 1999 et septembre 2006,le lent cheminement de la maladie, les modifications profondes que cet état apportent dans leurs relations, et en filigrane se trame la réflexion qui évolue au fil du temps sur l'amour dans une famille et la transmission d'une histoire entre générations, la perception que l'on a de ses parents, le vieillissement et les souvenirs, le respect de la personne et la place des vieux daans notre société, la possibilité d'en finir avant d'être complètement hors d'état de décider, le sens profond de l'existence et des choix qu'on y fait.
Le temps, les souvenirs, l'enfance, l'amitié, l'amour... comment est-ce que tout cela s'articule dans une vie et qu'en reste-t-il à la fin.
Bien souvent l'émotion qui vient à la lecture de ce lent récit à l'inéluctable dénouement m'a mené au bord des larmes par la vérité des sentiments et la profondeur de ce qu'ils touchent en nous. J'ai admiré le courage de cette femme qui lutte pour saisir le "fil" de ses pensées et ainsi se raccorcher à la vie, à ce qui a fait sa vie, de son mari, à son fils qu'elle aime jusqu'à son arrière-petite-fille qui est en quelque sorte l'ultime fruit de sa vie de travail et de dévouement.
Je suis resté pantois devant la sincérité de l'écriture, limpide et claire, sans faux-semblants, mais très pudique finalement dans sa façon d'aborder des pensées et des relations aussi intimes.
A mille lieux des romans de convenance dont les auteurs se regardent le nombril et exposent leurs petits bobos de l'égo, voilà une histoire belle et forte qui dit la vérité de l'amour et qui apporte un témoignage poignant sur l'irrémédiable évanouissement de la pensée et des mots amené par cette maladie, et sur la résistance ultime des sentiments les plus profonds.
04 novembre 2008
Automne en Duplessis
Le crépuscule sur le Saint Laurent est chaque soir une fête pour les yeux et pour l'âme. On peut s'asseoir et comptempler, savourer la délicatesse des couleurs sous la lumière rasante, et guetter le sourire de la lune.
02 novembre 2008
On the road again
Nord Québec, Duplessis, la route 138 s'étire à perte de vue et nous donne l'impression d'un voyage qui ne s'arrêtera pas. Il n'y a personne en vue, on savoure l'espace.
14 septembre 2008
Au Nord du Saint Laurent
Il faut remonter le Saint Laurent par la 138 pour arriver à Godbout, un peu au milieu de nulle part. Là on peut visiter le Musée Amérindien et Inuit dont c'est le trentième anniversaire cette année. On y fait la connaissance de Cécile et Claude Grenier qui ont passé une bonne partie de leur vie en territoire Inuit en travaillant à mettre en valeur la richesse culturelle de ce peuple pour en faire une source de développement, notamment en faisant connaître leur artisanat et leurs merveilleuses sculptures.
Le musée présente beaucoup d'objets qui ont tous un lien avec l'histoire personnelle de ce couple. Au delà de l'intérêt culturel, c'est une façon très touchante d'approcher le Grand Nord.
On trouve de nombreux liens sur le net concernant ce musée qui est référencé dans les guides sur le Québec, et aussi sur Claude Grenier et ses travaux de céramiste, alors je voudrais plutôt faire partager l'émotion ressentie devant cette aquarelle et encre sur papier de Cécile Grenier, peinte en 2001.
Ce tableau recèle toute l'émotion que le Saint Laurent exalte en nous lorsque l'on aborde les territoires de la Côte Nord, et trahit toute la sensibilité et l'amour de de cette Dame pour ce pays sauvage, une Dame dont la modestie dissimule un grand talent.
Alors si vous visitez le musée, demandez à voir ses peintures...
Musée Amérindien et Inuit de Godbout, Musée privé.
Collection
d'objets inuits provenant de la collection de M. Claude Grenier,
céramiste qui dirigea l'atelier de céramique à Rankin Inlet (Nunavut)
dans les années 1960.
Musée amérindien et inuit de Godbout
134, chemin Pascal-Comeau
Godbout (Québec) G0H 1G0
Téléphone : 418 543-3467























