05_05_150003Un texte du poète varois Gérard Pons qui met en relief la différence profonde qui peut exister entre terriens et marins, une certaine opposition entre la sécurité et l'aventure, l'investissement et la découverte.
Mais pour les marins l'apparente légèreté de la vie s'effacera bien vite dans la fureur des éléments.

J'ai trouvé que ce poème pouvait parfaitement servir d'introduction au  tableau ci-contre, de Dominique Maillochon, peintre d'Argenteuil, qui s'est inspiré du Vendée Globe et à parfaitement utilisé sa technique au couteau pour recréer l'ambiance et la force de la mer en furie.

Il me héla, me proposa d’embarquer.
Le bateau balançait
entre le quai et la bouée.
Comment partir,
une main sur la charrue,
les yeux dans le soleil, 
le cœur en émoi ?
Marin il n’avait
qu’un sac d’oublis et de lointains
dans lequel ne pesaient ni le passé 
ni le futur.
A cet instant
nous ne partagions, le marin et moi,
que le présent.
Mais déjà, j’avais semé et j’espérais,
soucieux de ne pas indisposer le ciel.
Mes heures étaient lourdes de sens
et le poids des nuages
lestait chacun de mes pas.
Il me héla encore,  me proposant d’embarquer.
C’est l’instant que saisit la pluie
pour me fixer au sol.
Sur la mer le grain fut sans effet…
Son sourire amusé fut la dernière image
que je gardais de lui
alors qu’il larguait les amarres.